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L’artiste multimédia Andrea Wolf rejoint la collection d’ArtJaws

À PROPOS DE ANDREA WOLF

Andrea Wolf, Fondatrice et Directrice de REVERSE et artiste multimédia

Andrea Wolf est une artiste interdisciplinaire d’origine chilienne qui vit et travaille à New-York. Son travail consiste en une recherche continue sur la relation entre la mémoire personnelle et les pratiques culturelles de la mémoire. Elle crée des installations multimédias et des sculptures vidéo qui explorent comment la technologie, les médias et la mémoire s’influencent et se transforment mutuellement, créant des modèles de commémoration qui sont culturellement façonnés. Travailler avec une archive de séquences trouvées, avec des histoires anonymes, Andrea Wolf laisse souvent un espace ouvert pour que chacun puisse apporter son propre sens à l’œuvre à travers le vécu  personnel.

Andrea détient un Master en Film documentaire de l’Universidad Autónoma de Barcelona, un autre en Arts Numériques de l’Universitat Pompeu Fabra, et un MPA en Télécommunications Interactives de la NYU. En 2013, elle a été boursière du programme « Artist in the Marketplace » du Bronx Museum, culminant avec l’exposition biennale «The Bronx Calling». En 2015, elle a effectué une résidence au IFP New-York Media Center. Elle a été membre de NEW INC, le programme d’incubation du New Museum de 2015 à 2017. Andrea a montré son travail, donné des conférences et organisé des ateliers notamment à Santiago (Chili) mais aussi au Festival Sonar et dans divers lieux à travers le monde.

À PROPOS DE LA SÉRIE “SEVEN MEMORIES OF CAPRI I NEVER HAD”

Andrea Wolf, "Seven Memories Of Capri I Never Had, memory n.5, Capri 1963", 2017

Andrea Wolf, "Seven Memories Of Capri I Never Had, memory n.4, Capri 1963", 2017

Seven Memories of Capri I Never Had reproduit la tension entre l’archive et le désir à travers une série de vidéos comprenant des vieilles photos prises lors des vacances d’été à Capri en juillet 1963. Ces photos s’écoulent alors lentement dans leurs couleurs dominantes. Un algorithme de tri des pixels manipule les images, créant le mouvement : les formes et les figures sont délavées et transformées en pixels dégoulinants. Ces pixels représentent à la fois la seule trace possible d’un moment irrémédiable et une métaphore de l’impossibilité d’avoir ce que l’on désire. Le temps entraîne toujours une perte, quelque chose est constamment laissé en arrière provoquant un deuil qui en contrepartie cherche à saisir ce qui persiste. Chaque événement qui devient passé perd sa nature concrète et se transforme en silhouette. Mais comme Deleuze écrit à propos de l’image-temps, « le passé ne suit pas le présent qu’il n’est plus, il coexiste avec le présent qu’il a été ».

«Je ne suis jamais allée à Capri, et pourtant je suis très fascinée par cet été méditerranéen en regardant ses couleurs disparaître. Je me demande en quelle mesure mes souvenirs sont aussi les souvenirs des autres, une citation d’une citation, un désir appris de ce qui devrait ou aurait dû être ou pourrait être. Les frontières de nos souvenirs sont floues, au-delà de leur récit personnel, elles appartiennent à une imagerie et à un univers plus larges. « Sehnsucht » est un mot allemand très difficilement traduisible. D’autres langues doivent se contenter de pseudo-synonymes comme nostalgie, aspiration ou encore désir, sans jamais réellement réussir à retransmettre le sens unique de ce mot. Car si la nostalgie fait référence à un désir nostalgique et même inassouvi du passé (en grec nostos signifie retour et algos signifie souffrance, d’où la douleur pour l’impossibilité de revenir en arrière), « Sehnsucht » fait référence au désir d’une chose absente qui à la fois était et qui n’a jamais existé. C. S. Lewis l’a expliqué comme étant un « désir inconsolable » dans le cœur humain pour quelque chose dont nous ignorons la nature. Dans Seven Memories of Capri I Never Had, je propose et présente un inventaire qui active les archives – une réappropriation d’histoires anonymes – tout en reconnaissant un système dans lequel la fonction du passé n’est pas déterminée par son statut d’évènement univoque, mais par le désir. Conduite par ce désir, la mémoire permet la préservation et l’effacement mais également la manipulation d’objets pour faciliter de nouvelles versions du passé ou plus encore, pour de nouvelles nostalgies et aspirations». (Andrea Wolf)

Cette artiste a été sélectionnée par le commissaire Alex Darby dans le cadre de sa collection pour ArtJaws « OBJETS DIFFICILES ».

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